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[rp] Balmora


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537 réponses à ce sujet

#501 nood

nood

Posté 24 août 2017 - 22:21

Felvan contempla pendant trois à quatre secondes les cinq piécettes que le Bréton venait de lui poser dans la paume de sa main gauche.


‘’ Alors c’est marrant, parce que c’est rare que je sois payé par l’expéditeur. Ce qui est encore plus idiot dans l’histoire, c’est qu’on m’a chargé de vous remettre ceci – il fit s’entrechoquer les pièces de la bourse destinée à Marie après l’avoir sortie de sa veste, soit cinquante septims. Et également ce message.

Sur quoi il lui tendit la lettre d’invitation.


Spoiler


‘’Je ne connais pas la personne qui m’a chargée de vous retrouver et de vous donner tout ça, fit-il, encore que je peux quasiment vous garantir qu’il ne soit pas de Bordeciel. Et vous n’êtes pas le seul à avoir eu ce petit paquetage, on m’en a donné un identique, et je dois encore le livrer à deux autres personnes.’’

Modifié par nood, 24 août 2017 - 22:23.


#502 matix

matix

Posté 24 août 2017 - 23:37

Finissant la lecture de la missive, Salomon mit celle-ci dans une de ces poches.

Il jeta ensuite un regard vers la bourse qu'il venait de recevoir, puis se mit à rire de bon cœur quelques instants tout en la mettant dans sa poche, avant de se reprendre et de s'adresser à Felvan.

"Avec ce cadeau de bienvenue, mes cinq septims ont en effet de quoi faire rire, c'est bien vrai. A ce que j'ai lus, il y aura à manger et à boire ? Selon vous, l'homme qui nous invite ne vient pas de Bordeciel...

Sachant que pour le moment je n'ai rien de mieux à faire, pourquoi ne pas y aller pour au moins voir de quoi il s'agit plus en détails

Je ne connais pas le bar en question mais je le trouverais sans trop de soucis je pense. Mais dite moi, en attendant cette fameuse réunion demain soir, qu'y a t'il à faire ou à voir ici ? Et si vous savez également dans quel coin de cette cité je peux trouver une auberge convenable à prix descend pour passer la nuit."

#503 nood

nood

Posté 25 août 2017 - 23:44

Ce Monsieur Marie apparut à Felvan comme fort sympathique. Un naturel avenant, une parole déliée... Même appartenant à leur race, Felvan détestait le côté guindé et faussement mystérieux que les Dunmers se donnaient pour essayer d'avoir un peu plus d'épaisseur, et savait apprécier l'aspect simple et passionné des Brétons. Il sourit.

'' Allez, ça fait beaucoup de questions qui appellent des réponses longues. Mettons-nous à l'ombre, fit-il, désignant la terrasse d'un bar toute proche. Je vous paye une bière du coin.''

Il s'assit sur un tabouret de bois faisant place à l'agitation incessante de la place du marché Sud, qui donnait sur la zone de déchargement des échassiers des marais, et intima au Bréton de faire de même, puis il commanda deux pintes de mazte fraiches au serveur. la légère clameur de la foule jamais apaisée en ce lieu  et l'ombre des toiles d'ombrage leur offrait un instant de répit.

''Je vais reprendre vos questions de la plus triviale à la plus importante, fit-il lorsque le serveur reparut pour leur délivrer les boissons.
Premièrement, Il faut savoir qu'à Balmora il y a plusieurs niveaux de ... richesse, dit-il en butant sur le mot exact à donner à son idée. Globalement, plus vous allez à l'Ouest et plus c'est cossu, et inversement pour la rive gauche, à l'Est, ou l'ambiance est bien plus populaire voire clairement mal famée pour certains quartiers. La journée, vous ne risquez pas grand chose, mais si vous ne savez pas vous défendre, mieux vaut éviter la rive gauche - globalement, hein - après le coucher du soleil.
Parmi les bonnes auberges en rive droite, celle des Huit Plats est un bon rapport qualité-prix, et est globalement centrale par rapport aux points d'intérêt des quartiers alentours. Dites à la patronne, c'est une bonne connaissance, que vous venez de ma part - Felvan le coursier -  et insistez un peu pour qu'elle vous fasse un prix, ça devrait passer avec un peu de palabres. Pour vous y rendre, allez vers le nord par cette rue, fit-il en montrant du doigt une artère qui se dégageait de la place devant eux.
Pour ce qu'il y a à faire ou à voir, ça dépend de vos envies. La Guilde des Mages, qui dispose de services de bonne qualité, est toute proche d'ici, au nord de la place. Sinon il y a les échoppes magiques du quartier bourgeois, plus au nord, et enfin quelques revendeurs indépendants mais pas dénués d'intérêt en proche rive gauche. Le Temple vaut le coup d’œil également, et il possède aussi quelques solides Guérisseurs et Mystiques.''

Il s'interrompit lui-même pour boire quelques gorgées bienvenues de bière fraiche.

'' Pour ce qui est du rendez-vous de demain soir. Je ne vais pas vous mentir, j'ai beaucoup d'interrogations sur la teneur de tout ce bazar. Je m'y rendrai - car j'y suis invité également - bien préparé, si vous voyez ce que je veux dire, et avec beaucoup de prudence, mais bien dissimulée. Soyez sûr d'être en forme et sur vos gardes. Ce que la rumeur ne dit pas au sujet de Balmora et que c'est un nid de vipère où toutes les guildes et grandes maisons sont prêtes à se tirer dans les pattes.
Je vous propose même qu'on se retrouve quelques minutes avant de se rendre à ce fameux Cercle de la Dixième Heure, admettons, si vous êtes d'accord, vers cette tour de garde - il désigna du doigt la tour de garde sud vers le mur d'enceinte sur l'autre rive de la rivière Odai - pour y arriver à plusieurs, et que l'on jette un œil les uns sur les autres pendant toute la soirée. Qu'en pensez-vous ? Un peu de prévoyance ne serait pas de trop.''

Modifié par nood, 26 août 2017 - 00:07.


#504 matix

matix

Posté 27 août 2017 - 00:59

Salomon finissait tranquillement sa bière en attendant que son interlocuteur ai fini de lui répondre.

Une fois que cela fut fait, il fit signe au serveur de lui apporter un deuxième rafraîchissement malgré le fait que Felvan n'ai lui toujours pas fini sa boisson.

"En effet, comme vous le dite si bien, un peu de prévoyance serait la bienvenue mais... pour ma part je pense trouvé tout cela plus amusant si je n'arrive pas en avance. J'aime bien les surprises, et cette petite réunion à l'air de pouvoir en réserver de belles. Qui sera là ? Quels profils ? Qui nous fait convier ? Ce genre de choses..."

Le mage avala quelques gorgées de sa pinte, puis voyant Felvan faisait de même et finir la sienne, il fit à nouveau signe au serveur d’amener à boire tout en signalant avec l'index que celle-ci était pour le Dunmer.

"Vous voulez que je vous dise, bien que je ne passe pas un mauvais moment en votre compagnie, je vais aller de ce pas voir si une chambre est libre à cette auberges des Huit Plats. J'ai eu une grosse journée, la fatigue commence à se faire sentir.

De l'aperçu que j'en ai, vous avez l'air d'être une compagnie agréable et je vous rejoindrais avec plaisir au Cercle de la Dixième Heure demain soir. Par contre, si vous avez besoin pour je ne sait quelle raison de me recontacter dans la journée... Vous me trouverez surement sur la rive gauche qui a l'air, je pense, plus intéressante que la rive droite si j'en juge par vos propos."

Salomon se leva, puis reprit d'un ton guilleret.

"En tout cas, merci pour ces bières locales, plutôt bonnes en plus.

Je vous souhaite une bonne soirée, et bonne chance pour trouver au plus vite les autres personnes que vous cherchez."

Puis le Bréton tourna les talons et prit la direction que lui avais indiqué Felvan pour se rendre à l'auberge des Huit Plats.

Modifié par matix, 27 août 2017 - 01:13.


#505 nood

nood

Posté 09 septembre 2017 - 21:54

Quelque part à Balmora

21 Mi-L’an 3E425

Peu avant l’aube


‘’Le tenancier du Club du Conseil vient de nous faire son rapport. Le coursier et le Drès se sont vus et ont échangé quelques mots parfois un peu tendus. Puis ils se sont entendus sur une rendez-vous en fin de matinée. Plus tôt dans la soirée, le coursier a délivré son message à l’Argonien et encore plus tôt dans l’après-midi, au Bréton. C’étaient les dernières invitations. Tout se déroule comme prévu.

- Pas mauvais, ce coursier. Vous avez eu du nez de lui confier les messages.

- Le mérite en revient aux espions. Les quelques mois passés à étudier cette ville infâme n’auront pas été inutiles. Mais il est vrai que le coursier nous a permis de joindre tout le monde dans les temps. On aura un bonne vingtaine de convives, et des gens de toutes les Grandes Maisons et Guildes, comme vous le souhaitiez, Maître.

- Excellent.

- En revanche, le coursier, cet Aryon, a prévu de contacter d’autres convives et il se peut fort qu’il y parvienne dans la journée…

- Tout est prêt. Il n’aura pas le cran préparer quoi que ce soit. Il ne sait même pas dans quoi il s’engage, et en cas de souci, nous aurons nos contre-mesures.

- C’est aussi ce que j’ai pensé. Et j’ai pris soin de lui remettre une invitation marquée d’un mouchard. Nous garderons l’œil sur lui  et au moindre signe suspect, nous pourrons toujours le neutraliser dans la journée. Ce n’est pas la plus indispensable de nos futures recrues.

- Laissez-le faire. Nous aurons largement de quoi le contenir pendant la soirée, le cas échéant. Lui et n’importe lequel des autres convives. Excellent travail. Laissez le travail de surveillance à un de vos subordonnés et prenez un peu de repos, mon brave. Je vous veux en pleine possession de vos moyens.

- Comme il vous siéra, Maître Salandas.’’

#506 nood

nood

Posté 13 septembre 2017 - 20:56

Balmora, Planque de Felvan

21 Mi-L’an 3E425, 09h27


Une petite douzaine de tintements de cloche qui allèrent en diminuant. Ce fut le bruit qui réveilla Felvan. La fiche métallique plantée dans la base du cierge s’était libérée lorsque celui-ci avait fondu, laissant choir une petite masse en laiton qui, suivant une trajectoire pendulaire au bout d’une petite chainette, avait frappé contre la clochette de son réveil. Si Felvan avait chargé sa clepsydre avant de s’endormir, il aurait su qu’il s’était écoulé six heures et douze minutes depuis son endormissement. S’il avait eu une de ces horloges hors de prix et horriblement fragiles que les artificiers façonnent en copiant les mécanismes dwemers, il aurait su qu’il était neuf heures vingt-sept du matin. Au lieu de savoir précisément tout ça, il ne fit qu’en avoir une vague idée alors qu’il se leva, trempé de sueur après une matinée chaude comme dans un four.

Après deux seaux d’eau versés sur la tête et un bon savonnage intégral, il se sentit d’attaque pour un petit déjeuner et un inventaire en profondeur de son matériel. Grignotant des fruits secs, des biscuits salés et sirotant deux bonnes pintes de thé rouge mentholé, il étala son paquetage sur la table basse de son appartement.

Un chiffon plié en neuf. Une corde d’une dizaine de pieds de longs. Des gants en cuir. Son nécessaire à écriture. Un briquet d’amadou, avec un grattoir en fer et un cristal de pyrite. Une outre, qu’il remplirait aux fontaines selon les besoins. Du musc d’insecte telvanni, un baume KaPotun (recette d’origine akaviri, c’est ce qu’il se disait) pour les contusions et un onguent de cicatrisation. Quelques graines grillées et salées et des fruits confits dans une bourse en cuir. Son nécessaire à tabac. Il y ajouta quelques crochets de réserve, réorganisa sa bourse en ne gardant que cent septims et planqua le reste derrière une catelle dissimulant son alcôve secrète, puis se tourna vers son étagère à habits.

Parmi les trois armures qu’il possédait, il choisit la plus aérée. En cuir de netch, elle comportait deux plastrons, ventral et dorsal, reliés par des liens. Passant des sous-vêtement amples en lin, il la régla pour qu’elle soit confortable par ces températures élevées. Epaulettes, bottes et gantelets ouverts complétèrent son attirail. Il passa un pantalon de toile gris ardoise par-dessus et choisi sa veste préférée qu’il enfila. C’était une large et longue sur-chemise en coton léger, allant jusqu'à mi-cuisse et boutonnée sur le devant, avec un capuche ample, à laquelle il avait ôté les manches et qui laissait dépasser l’extrémité de ses épaulettes. Il l’avait faite coudre réversible, avec un tissu rouge bordeaux agrémenté de motifs oranges et dorés à l’intérieur et un tissu brun ocre bien plus discret à l’extérieur. Les poches, sur la poitrine et le ventre, communiquaient entre les deux épaisseurs de tissu, ce qui leur conférait également la capacité de ne pas se vider bêtement lors des mouvements brusques. De quoi passer rapidement d’une tenue de badaud tout ce qu’il y a de plus banal, qui avait le bon goût d’être adaptée à ses activités quotidiennes,  à un vêtement plus cossu et présentable  quand le besoin s’en ferait sentir.

Il ajouta une écharpe de bonne facture dans son paquetage et plia un casque de cuir de netch, qu’il utilisait plus pour l’anonymat qu’il conférait que pour ses qualités d’armure, qui termina également dans son sac en toile.

Sur une étagère trainait une dague d’un pied de long, qu’il fixa dans son dos ; il se munit également de trois couteaux de lancer qu’il installa en bandoulière. Ce n’était ni l’une ni les autres ses armes de choix, mais la situation imprévisible l’exigerait peut-être, pensa-t-il en les cachant sous sa veste. Son bâton de marcheur acheva les préparatifs. S’allumant sa première pipe de la journée, il estima le poids de son équipement à moins de trente livres, armure comprise. Il en pesait environ cent vingt lui-même, ce qui lui sembla être un bon compromis, lui assurant au moins un jour d’autonomie tout en garantissant une mobilité maximale.

Il faillit oublier l’invitation, qu’il glissa tout en haut de son paquetage avant de l’enfiler en bandoulière.

Une cloche sonna de trois coups dix heures et quart. Il vérifia que l’entrée de son appartement était, comme d’habitude, fermement scellée par ses trois serrures et un tasseau qui en interdisait l’ouverture, puis se hissa vers l’œil de bœuf qu’il ferma à double tour derrière lui. Désescaladant prudemment le bâtiment qui abritait sa planque, il se glissa de ruelles en cours intérieures vers le marché de la rive gauche, qui battait son plein en cette chaude matinée d’été.

***


Balmora, Marche de la rive gauche

21 Mi-L’an 3E425, 11h12


Une heure plus tard, soit environ quinze minutes avant le rendez-vous fixé avec Soler et donné à Marie et Reeh Jah, il s’assit à une terrasse qui donnait sur le deuxième pont, attendant ses futurs compagnons. Entretemps, il avait réussi à soutirer à une vieille connaissance (un Dunmer fils d’alcooliques qui avait échoué chez les pupilles du temple de Balmora aux même dates que lui, il y a plus ou moins quinze ans, avant de devenir garde Hlaalu) la possible position d’une Nordique qui correspondait parfaitement à Caliha. Il n’avait en revanche pas eu vent de la présence de Cosades, à qui il arrivait assez fréquemment de disparaitre quelques jours, et en ce qui concernait Edingoth, il ne se faisait que peu de soucis quant à sa capacité à le localiser plus tard dans la journée. Les archers bosmer ne couraient pas les rues de Balmora, et il n’avait pas de raison de se cacher.

Commandant une pinte fraiche pour combattre la chaleur étouffante, il réfléchit quelques instants aux personnages avec qui il allait bientôt devoir traiter. La foule, bruyante et colorée, passait devant lui, sortant et allant du pont, les crieurs vantaient toute sortes de produits et articles. Balmora, la ville vivante et grouillante. Son foyer. Ses pensées vagabondèrent sur ses recruteurs mystérieux et ses acolytes de fortune.  

Reeh Jah. Il l’avait présenté à Soler comme quelqu’un de fiable. En était-il vraiment sûr ? Bien entendu, il avait collaboré sur quelques affaires et n’avait que des éloges à faire sur ses capacités, et le connaissait depuis … onze ans ? douze ans peut-être. Mais c’était un voleur, indépendant et imprévisible par nature, et aussi hermétique que ceux de son espèce reptilienne.

Ensuite, Salomon Marie. S’allumant une pipe, il ne put s’empêcher de repenser aux cinq pièces  qu’il lui avait donné sans hésitation, la veille. Etait-ce de la naïveté, de la politesse mal exprimée, ou des coutumes que Felvan maîtrisait mal ? Au premier abord, il avait tout du n’wah ignorant des usages du coin. Non pas qu’il ne soit pas capable, mais si c’était le cas, il avait plus l’air de la proie que du chasseur. Mais avec un mage, on en pouvait que s’attendre à des surprises.

Et enfin Soler, ou enfin était-ce ainsi qu’il le nommait mentalement en espérant ne pas se gourer dans ses quatre patronymes. La cohabitation avec lui avait été compliquée, et ça ne risquait pas de s’arranger avec les deux autres larrons qui cadraient mal avec son système de valeurs. Attendre de la souplesse de la part d’un étranger du Sud engoncé jusqu’aux amygdales dans ses convictions pour le moins très spécifiques était un vœu extrêmement pieux.

Et tout ça n'était pas grand chose par rapport à l'inconnu de la teneur de ce rendez-vous qui approchait.

Il soupira et reprit une gorgée de bière. Dans le doute, toujours boire une bière.

Modifié par nood, 13 septembre 2017 - 21:09.


#507 Svartalfar

Svartalfar

Posté 14 septembre 2017 - 19:42

Au matin, quelques dizaines de minutes avant que les magasins n'ouvrent, un Dunmer sortit du Club du Conseil. Les rues étaient encore calmes, bien que les gens commençaient à sortir. Le soleil n'avait pas encore totalement dépassé les reliefs à l'est de la ville aussi, la chaleur était supportable, mais annonçait une matinée écrasante, voir peut-être des orages. Après avoir rapidement prit connaissance de son environnement, le Dunmer tourna vers le nord et s'enfonça d'un pas décidé dans les rues de Balmora.
Rien dans ses vêtements en tissu brun et ses chaussures en cuir de guar ne pouvait indiquer que Soler était un guerrier ou un étranger et, même si un oeil averti pouvait deviner à sa gestuelle un talent pour le combat il n'en avait cure, il était fier de ce qu'il était et cela agirait comme un charme lui évitant tout problème. Qui plus est, il se savait épié, un accoutrement ordinaire était donc idéal pour identifier ceux qui lui prêtaient une attention trop appuyée.
Il avait par conséquent décidé de suivre les conseils de Felvan Aryon, ce Dunmer sans clan qu'il avait rencontré à peine sept heure plus tôt. Bien que son opinion de lui soit plutôt mitigée, Soler n'était pas assez vaniteux pour repousser un avis judicieux, même provenant de la bouche de quelqu'un aussi douteux qu'un Balmori.
Soler naviguait au travers de rues plus ou moins larges pour rejoindre sa destination. Il avait prit le temps de repérer les environs au cours des deux derniers jours, et ce chemin était de loin le plus rapide, bien qu'il dusse pour cela s'engager dans des ruelles à l'hygiène douteuse. Il ne portait aucune arme apparente, mais cela ne signifiait rien, tout bon Dunmer sachant comment dissimuler une dague ou deux sur soi. En vérité, sa mise était un peu moins ordinaire qu'il n'y paraissait : l'aumônière à sa ceinture (celle remise par cet Ordoval) était remplie de petites roches et de disques d'argile simulant des drakes, et son argent était en réalité répartit dans diverses petite poches cousues à l'intérieur de sa chemise. Ainsi, il couvrait discrètement certaines points sensibles de son corps, et était certain que, si un tire-laine en avait pour son argent, il ne puisse s'en saisir que sur son cadavre !

Ces précautions étaient cependant une simple routine et chemin faisant, le guerrier pensait plus à ce qui l'attendait ce jour qu'à d'éventuels voleurs. Bon, le rendez-vous qu'il allait avoir avec d'autres candidats serait décevant, par Boéthia, il en était sûr. Mais cette mystérieuse organisation, qu'il voyait comme une menace, le forçait à sortir de sa zone de confort et à au moins considérer ces nwah comme des alliés potentiels ou du moins des pions à utiliser. Mais par le Gant noir, rien ne l'obligeait à les apprécier !
Il interrompit le fil de ses pensées en avisant une enseigne crasseuse, peinte en lettres rouges à même le mur, et qui indiquait l'entrée d'une auberge miteuse, qui faisait surement aussi fumerie de skooma, et qui tenait plus du salon aménagé d'une propriété privée que d'une véritable auberge officielle. C'était le point de repère qu'il avait noté à son dernier passage, il n'était donc plus très loin de l'armurerie. Sa bourse ne lui permettrait peut-être pas d'acheter tout ce qu'il souhaitait, mais Soler comptait bien marchander ! Il pénétra donc chez Meldor, un armurier de la rive nord assez réputée en ville.
Le Bosmer était en train de ranger des affaires derrière son comptoir, et le garde semblait avoir fraichement débarqué, signe que Soler devait être le premier client.

"Bonjour, fit-il après avoir été repéré par le propriétaire, je recherche un équipement complet de chitine, avec masque facial, arc, flèches et dague. L'armure n'a pas besoin d'être neuve tant qu'elle est en bon état, mais il me faudra alors un pot de résine de shalk pour son entretien.

Modifié par Svartalfar, 15 septembre 2017 - 10:53.


#508 matix

matix

Posté 14 septembre 2017 - 21:00

Salomon Marie avait quitté la rive droite de Balmora de plutôt bonne heure en cette matinée.

Non pas qu'il ai l'habitude de se lever tôt, il était adepte des grasses matinées à rallonge mais il avait ce matin reçus un message à l'auberge de Huit Plats.

C'était une jeune dunmer, 16 ans, peut-être 17 tout au plus c'était dit Marie. Assez grande et bien que doté d'un physique longiligne avec juste de légères courbes, ont pouvais deviné une petite poitrine qui ne demandé qu'à être choyée. En bref il l'avait trouvé plutôt mignonne cette jeune dunmer, il aimé bien les grandes, il aimé bien les femmes tout court en fait... cela lui avait attiré pas mal d'ennuis par le passé malheureusement pour lui... mais également quelques anecdotes croustillantes en même temps.

Une fois qu'elle lui eu délivré le message de Felvan Aryon, la jeune femme repartit, et le bréton en profita pour avoir une vus "de dos".
Elle lui avait vraiment taper dans l’œil cette petite, et il se demanda par la même occasion si sur cet île avoir des relations avec de jeunes gens était légale.

Et c'est en partant de ce message qu'il fini par arriver à la rive gauche de Balmora et ayant encore pas mal de temps devant lui avant le rendez-vous il se mit à flâner de-ci de-là. De marchand en marchand, il finit par arriver devant une minuscule librairie situé entre deux marchands de textile dont les devantures faisait au moins deux fois la largeur de celle de l'établissement dans lequel il rentra. L'enseigne disait "La Petite Lecture" et cela collait plutôt bien avec la taille de l'établissement qui devait faire environ seulement trois mètres de larges mais affiché une profondeur d'approximativement 5 mètres.

Salomon avait trouvé beaucoup de livre inintéressant sur des traités de magies complètement caduques et dépassés, tout juste digne de curiosité pour un novice qui débuterai, et encore... il avait fini par craquer pour "La femme de chambre argonienne". Le prix était effroyablement élevé comparer à la valeur réel du livre mais il ne discuta pas avec le marchand et paya les 35 drakes. Une fois sortis de la librairie il sourit et se demanda comment allé réagir cet escroc de marchand en s'apercevant que Marie ne l'avait pas "vraiment" payé une fois que les pièces crées par une illusion auraient disparus.

Il devait avoir encore un peu de temps avant le rendez-vous mais décida malgré tout de se mettre en route et coupa par une petite ruelle quand il fut bousculé.
Il avait était percuté par un impérial torse nu, plutôt vieux mais malgré tout en bonne forme physique... par contre le pauvre bougre semblait complètement défoncé au skouma. Après vérification, l'impérial n'avait semble t'il pas profité du choc pour faire les poches du bréton.

Enfin Salomon Marie arriva à l'endroit prévus, vis Felvan assit à une terrasse, en train de boire une bière.
Il se dirigea vers lui, fit un signe pour avoir une pinte avant même de s’asseoir, tira une chaise et s'adressa au dunmer.

"Bien le bonjour mon cher. Comment allez-vous ?

Vous vous doutez que si je suis là c'est car j'ai eu votre message ce matin. D'ailleurs, la messagère était presque plus intéressante que votre rendez-vous, une chance pour vous que je soit curieux, sinon c'est sans doute avec elle que je boirais un verre."

Et en parlant de verre, le serveur de l'établissement arriva à la table des deux hommes et donna sa bière à Marie.
Celui-ci en bu immédiatement une gorgée avant de reprendre.

"Bon, j'ai assez hâte de savoir ce que vous avez à m'apprendre en cette matinée, je vous écoute"

#509 nood

nood

Posté 15 septembre 2017 - 09:03

‘’Bienvenue chez Meldor, le meilleur armurier de Balmora, très cher premier client de la journée, répondit le Bosmer en posant une pile de pièces d’ossements sous son comptoir. Je dois avoir tout ce qu’il vous faut, il y a justement toute une troupe d’éclaireurs, des Exaltés, qui m’ont déposé sept ou huit ensembles d’armure en chitine complètes avant-hier en échange de matériel un peu plus robuste. Tous des Dunmers, qui remontaient au nord vers Aldruhn puis vers les Terres-Cendres. Je n’ai même pas encore eu le temps de les trier, encore moins de les réparer. Suivez-moi, on va y jeter un œil.

Meldor fit signe à Soler de le suivre vers la gauche de sa boutique où il ouvrit un buffet bas qui, en effet, débordait de pièces chitineuses d’états variables.

- Le plus simple, reprit le vendeur, c’est que je vous laisse fouiller un peu. Certaines mériteraient d’être un peu reprises et nettoyées, j’en ai vu au moins une ou deux qui étaient dans un état très honnête. Si vous préférez que je vous assiste dans le choix, faites-moi signe ; sinon je vais aller fouiner dans mes registres en arrière boutique pour vous dénicher un arc et une dague. Bien entendu, on s’entendra sur le tarif suivant la fraicheur des pièces que vous aurez choisies, et je fais une petite ristourne sur les ensembles complets. Après, en chitine, j’en ai des neuves mais ce sera au moins le double du prix. Si le matériel d’occasion en vous rebute pas, ce peut être une bonne affaire pour vous.

Il sortit quelques plastrons, casques et gants qu’il disposa sur le plateau du meuble et alluma plusieurs bougies pour éclairer cette partie de la boutique.  

- Voilà ! Prenez votre temps, il y a une cabine pour essayer sur votre droite. Par contre, pour les armes, ce sera uniquement de l’occasion. La spécialité de la maison, c’est la défense, vous voyez…’’

***


Felvan salua d’un hochement de tête le Bréton lorsqu’il s’assit à côté de lui. Il connaissait assez mal ces gens de Hauteroche, mais constata que leur réputation de caractères passionnés n’était pas volée.

‘’Ah oui, la petite Nilera, z’avez du goût, mon cher, elle est effectivement à croquer, fit-il en souriant. Enfin, petite… elle est pas beaucoup plus jeune que moi, je pense. Bref. Désolé de casser l’ambiance mais ça tombe bien que vous soyez le premier arrivé, je voulais vous parler de deux-trois trucs un peu moins légers.’’

Il se rassit convenablement sur sa chaise et se pencha insensiblement vers Marie.

- Je vous avais dit qu’en tout, vous et moi compris, on m’avait donné quatre invitations pour ce soir ? Les deux autres sont un Argonien du coin, que je connais pas trop mal, et un Drès que j’ai rencontré hier soir. Autant l’un que l’autre, j’ai pas trop de questions quant à leurs compétences. L’Argonien est une Lame Noire, et pas un novice ; quant au Dunmer, on a l’impression qu’il a fait toutes les guerres du monde. Moi-même, sans fausse modestie et en gardant en tête que je ne suis pas un grand guerrier, j’ai quelques jolies compétences en termes de   Il hésita quelques secondes sur les mots exacts à employer   en termes d’infiltration, de mobilité et de discrétion. Je conçois facilement le pourquoi du comment nous trois ayons été invités.

Il reprit une gorgée de bière et s’alluma un pipe et tendit sa blague à tabac à son interlocuteur tout en continuant :

- En revanche, je m’interroge sur la teneur exacte de vos dons et de vos compétences. N’y voyez aucun manque de respect ; je me doute que vous n’êtes pas un bras cassé, sinon vous n’auriez pas reçu cette lettre. Voyez-y une sorte de prévoyance. Je commence à me faire de vilains soucis, peut-être absolument infondés, sur la tournure que prendra la soirée de ce soir. Et donc, j’allais vous proposer, à vous ainsi qu’aux deux autres larrons qui devraient normalement pas tarder à nous rejoindre ici, de s’y rendre ensemble et de jeter un œil les uns sur les autres. Pour ça, le mieux est de savoir quelles sont vos forces et vos faiblesses, histoire qu’on arrive pas trop les doigts dans le derrière.

Laissant un court instant de répit ponctué d’un nuage de fumée bleue, il ajouta :

- En plus de ça, hier, j’ai fait le tour des gens du coin susceptibles d’être invités également – j’ai une intuition comme quoi on serait pas les seuls quatre élus de la ville à avoir reçu ce message – et je comptais les trouver et les contacter dans la journée. Si vous avez rien d’autre à faire, je propose qu’on fasse ça ensemble.’’

Modifié par nood, 15 septembre 2017 - 09:07.


#510 Svartalfar

Svartalfar

Posté 15 septembre 2017 - 13:03

Après avoir fouillé quelques minutes, Soler se décida pour un ensemble pioché dans les différentes armures d'occasion. Bien que brossées, toutes les pièces sentaient encore la cendre, en plus des odeurs discrètes de la chitine et du cuir, et l'écharpe du seul masque facial du lot sentait la sueur par dessus le marché. Il allait devoir la laver, puisque l'armurier ne s'était pas donné la peine de le faire (ces Bosmer !), ou s'en procurer une nouvelle. Quoi que solides et de bonne facture, Soler les avait choisies pour ça, le pot de résine ne serait pas de trop : les pièces avaient connues des jours meilleurs. Les armures étaient vieilles, une des lentilles de résine des lunettes était fendue et les jambières, la cuirasse et les épaulières étaient craquelées en plusieurs endroits suite à des chocs et des coups. Soler ignorait ce qu'ils avaient affronté ou ce par quoi ils étaient passés, mais les Exaltés qui les avaient portés n'avaient pas fait semblant, et bien qu'il n'avait aucune affinité pour leur culte, il eut une pointe de respect pour ces guerriers. L'état de ces armures en disait long sur leurs compétences !
Il passa quelques minutes dans le petit cagibi permettant de se changer, et en profita pour glisser quelques pièces dans une aumônière vide, afin de pouvoir payer facilement. Après avoir réglé les sangles, l'armure lui allait, épousant parfaitement ses formes, son poids bien réparti. Il bougeait facilement avec, l'armurier qui les avait confectionné était doué, et bien entretenu, son travail lui sauvera certainement la vie de nombreuses fois ! Restait l'écharpe. L'odeur était forte et incommodante mais Soler pouvait faire avec, pour le moment. Ainsi habillé, le Dunmer fit signe au marchand, qui alignait déjà des arcs, flèches et dagues sur son comptoir. Soler passa quelques minutes à discuter avec lui de la provenance et de l'histoire de ces armes, et se décida pour un arc en chitine et trois cordes de rechange, un carquois d'une trentaine de flèches et enfin une dague. Cette dernière lui avait causé du souci, car la plupart de celles en chitine étaient émoussées ou ébréchées. Il opta donc finalement pour une dague en acier, toujours d'occasion, dont la lame était émoussée et la garde en bulbe-liège, couverte de traces de brûlure, bougeait légèrement à cause d'un clou cassé.

- Je vais prendre tout ça, plus un pot de résine et une nouvelle écharpe, si vous avez. Combien je vous dois ?


*******************************


Son équipement en poche, Soler se dirigea vers la boutique de Nalcarya de Havreblanc, dans les beaux quartiers. Il lui fallait des ingrédients spécifiques, et n'avait guère le temps de chasser les formidables ennemis qui les détenaient. La boutique, située dans les beaux quartiers, était propre, lumineuse et bien achalandée, les ingrédients de prix judicieusement mis en valeur. A son arrivée, le carillon en bambou ou pousse des marais tinta, et l'Altmer sortit de son arrière boutique, un mortier et un pilon à la main. Soler la salua sèchement de la tête, et annonça, la voix légèrement étouffée par le masque facial :

"Madame, je recherche trois mesures de sel de givre. L'on m'a conseillé votre boutique comme étant la meilleur de la ville, aussi et j'espère trouver chez vous ces ingrédients.

Modifié par Svartalfar, 15 septembre 2017 - 13:10.


#511 nood

nood

Posté 15 septembre 2017 - 17:39

‘’Voyons voir, fit Meldor en se penchant sur une feuille de papier déjà aux trois quarts griffonnées et sortant un boulier, tout fait d’os et de fils de ferraille élimée par l’usage. Déplaçant les rondelles jaunies le long des guides et notant au fur et à mesure sa feuille, il additionna :

- Vingt deux pour l’armure, le casque n’est pas si fatigué que ça, je dirais… douze septims. Quinze pour les deux épaulettes, huit pour les gantelets, je retiens deux. Montrez moi les jambières… oui, ce sont les meilleures du lot. Vingt septims. Mettons dix septims pour les bottes. Arc, carquois et flèches : quarante pour le tout. La dague vous coutera… cinq septims ? Le pot de résine est à cinquante, ce sont les prix fournisseurs, là-dessus je n’ai aucune marge, et vous n’en trouverez pas de moins chère, à moins qu’elle ne soit tombée de la carriole. Quant à l’écharpe, si j’avais vu qu’elle était si sale, je ne vous l’aurais pas présentée. Vous êtes bien brave de l’avoir essayée ! En dédommagement de l’inconfort, je vous fais celle-là gratuite. Elle n’est pas neuve, mais au moins, propre.

Trifouillant une ultime fois son boulier, il annonça :

- Cent quatre vingt deux septims. La réduction pour l’ensemble complet, spécialité de la maison, vous amène au prix final de cent soixante huit septims. Honnêtement, vous aurez fort à faire si vous cherchez un meilleur tarif dans le coin.’’

***


‘’On vous a bien conseillé, mon cher, répondit l’Altmer avec un sourire ambigu comme seuls eux en étaient capables.  

Sans piper mot, elle se retourna et sortit un boulier en bois précieux au tige cuivrées et aux boules faites de minéraux de toute les couleurs ainsi qu’une balance en laiton luisante à la lueur des bougies. Se saisissant d’une petite pelle, elle aussi semblant venir d’un trésor antique, elle la fourra dans un petit coffre situé sur la droite de son comptoir et remplit un sac en cuir de bonne facture sur l’un des plateaux de la balance tandis qu’elle ajoutait des masses sur l’autre.

Lorsque les deux moitiés de l’instrument de mesure furent à l’équilibre, elle ferma la cordelette du sac qu’elle enfila dans un deuxième sac en tissu, le posa devant Soler et annonça :

- Trois cent quatre vingt septims, monseigneur.’’

#512 Svartalfar

Svartalfar

Posté 17 septembre 2017 - 22:30

Le commerçant bosmer faisait des prix honnêtes, c'était assez surprenant pour le noter. Cependant, c'était toujours trop cher.
- Dans ce cas, merci pour l'écharpe mais oublions le pot de résine et faisons le tout pour 100 septims. Après tout, tant que je n'aurais pas trouvé de Shalks à dépecer je serais obligé de chasser avec des faiblesses dans mon armure et je ne sais quand elle s'effritera.


***************


Trois cent quatre vingt septims ! Par Azura le prix était des deux-tiers supérieurs à ceux du marché ! Soler secoua la tête, l'air faussement navré.
- Gente dame, sachez que je connais les prix du marché. C'est là une manoeuvre bien indigne de votre réputation. Une seule mesure, à 50 septims, en signe d'excuse.
Fantôme de la tour hantée. (de pc la tour)

"Je suis un loriste, le monstre dont on menace les petits moddeurs pas sages au moment du coucher."

#513 nood

nood

Posté 18 septembre 2017 - 07:59

Le Bosmer secoua la tête à l’annonce du prix voulu par le Dunmer. L’elfe des bois n’était pas un mauvais bougre, et était d’ailleurs un des commerçants les plus reconnus et appréciés de Balmora, ville qui pourtant abritait de fameuses échoppes tenues et gérées par un bataillon de tenanciers non moins fameux ; mais l’offre de Soler était trop désavantageuse par le lot, fut-il marqué par l’usage.

‘’Dites donc, mon brave, z’avez pas froid aux yeux. Vous allez presque me faire regretter de vous avoir fait un prix. Je ne sais pas comment vous faites par chez vous, continua Meldor qui avait justement noté l’accent méridional de son interlocuteur, mais ici, l’usage veut qu’on n’enchérisse pas agressivement lorsque le vendeur fait déjà un prix d’ami. Mais soyons sérieux un instant. À cent pièces d’or pour le lot, même sans le pot de résine, je ne fais pas de marge. Ce qui veut dire que basiquement, je vous paye pour que vous m’achetiez quelque chose. Convenons que je serais incroyablement idiot de faire ça. Je vous propose donc le marché suivant : cent cinquante cinq pièces d’or avec le pot de résine, ou cent vingt sans ce pot. En dessous de ce tarif très correct, vous m’insulteriez.’’

***


Nalcarya de Havreblanc, avec un flegme certain et une grâce naturelle, n’eut pour toute réaction que de se passer la main gauche dans ses cheveux incroyablement bien apprêtés, puis, pensive, détacha une barrette et remit en place une de ses mèches d’ivoire, laquelle n’était pourtant pas démise. Elle reprit enfin :

‘’Le marché a très défavorablement évolué ces derniers jours pour ceux qui recherchent cet ingrédient déjà peu courant par nature. À dire vrai, je crois savoir que je suis la dernière alchimiste de la ville à posséder encore quelques parts de sels de givre, tant la demande est actuellement supérieure à l'offre. D’où cette inflation du tarif, qui, en ce qui me concerne, n’évoluera pas. Cent vingt sept pièces d’or pour une part, trois cent quatre vingt pour les trois. Si ce marché ne vous sied pas, il conviendra sûrement à d’autres qui ne manquerons pas de venir m’acheter mes dernières parts avant ce soir, si j’en juge par les ventes de ces derniers jours. J’ai bien peur que dans ces conditions, l’offre ne soit pas négociable. Quant à ma réputation, elle vous survivra.’’

Ce n’était pas complètement faux. La renommée de Nalcarya et de son échoppe dépassait largement les limites de la ville voire de la région. Il y avait très peu d’alchimistes indépendants en Vvardenfell qui égalaient son prestige, pas immérité au vu de la large sélection d’ingrédients de qualité supérieure, et les Hlaalus n’étaient pas peu fier de l’avoir dans leur capitale, allant même jusqu’à lui proposer des baux de location à des tarifs très avantageux.

Modifié par nood, 18 septembre 2017 - 10:54.


#514 Arakis

Arakis

Posté 18 septembre 2017 - 20:54

[Arrivant d'ici]

« Ca marche, je vais aussi faire mes affaires de mon côté et on se retrouvera après. A demain vieux »

Ils sortirent de l’auberge ensemble, la nuit était noire comme de l’encre, absolument parfait pour ce qu’il avait en tête. Il inspira l’air frais à plein poumons, après l’atmosphère enfumée au sucre de lune du Cercle du Mur du Sud cela lui faisait un bien fou. Il commença à marcher, cogitant doucement à tout ce qu’il allait devoir planifier pour le lendemain, à contrat inhabituel mesures exceptionnelles. Par quoi commencer ? Son équipement ? Non il le ferait le lendemain matin, l’esprit totalement débarrassé de la drogue. D’abord le renseignement ? Oui bonne idée. Il remonta sa capuche sur ses épaules et se mit en route, il lui fallait des sentinelles. Ou comme on disait dans le jargon de la guilde, des merles. Le meilleur endroit pour ça restait, encore et toujours, les coins où ça jouait des jeux d’argent. D’une part parce que la guilde adorait voler les pigeons friqués qui sortaient de ce genre d’établissement et d’autre part parce que même si les informateurs n’étaient pas syndiqués la plupart des gens qui trainaient dans ce genre de bouiboui avaient besoin d’argent. Son premier arrêt fut à La Main Coupée. Basile et Stirba, un breton et un kahjit de la guilde acceptèrent volontiers de l’informer si jamais ils voyaient quelqu’un correspondant aux descriptions que lui avait fait Felvan. Ses deux haltes suivantes furent le Verrou de la Chance et Les Poches Pleines. Il en reparti énervé, le duo de nordique du Verrou avait refusé d’ouvrir l’œil pour moins de 20 drakes, sans parler des rémunérations à la livraison d’infos. Rapaces … Mais au moins il avait des yeux et des oreilles installés si jamais un des zigottos passait dans le coin. Le tout lui avait pris une demi-heure environ. Maintenant il allait devoir passer aux choses qu’il ne pouvait faire qu’en privé.

Il regarda par-dessus son épaule, personne, du moins personne en vue. Il prit la première allée étroite qui venait et la traversa le plus vite possible avant de s’embusquer au tournant pour guetter si personne n’arrivait. Au bout de trois minutes il se détendit légèrement, s’il était filé ses poursuivants étaient très bons. Il allait sortir le grand jeu en conséquence, et même s’il n’y avait personne derrière lui cela ne coutait rien d’être prudent. Rapidement il tissa son sort, connectant les fils dans son esprit comme un tisserand avant de libérer le tout d’un mouvement de poignet. Quelques instants plus tard ce fut un autre Reeh Jah qui sortit de la ruelle vers l’avenue tandis que lui restait à attendre dans la ruelle. Il était très fier de son illusion, la confection du sort avait été un travail de longue haleine et maintes nuits blanches. Le résultat était une illusion très convaincante et autonome pour environ une demi-heure, une parfaite distraction. Cela lui donnait maintenant le champ libre pour ce qu’il comptait faire ensuite. Il se mit à tisser un deuxième sort, d’invisibilité cette fois tout en glissant une petite boulette alchimique de sa conception sous la langue. Le mélange de vil-blé et de chair de crabe concentrés alchimiquement avait un gout amer alors qu’il déglutissait le tout après que la boulette ait fondu sur sa langue. Le résultat fut néanmoins rapide : son cœur se mit à battre plus fort et son souffle fut plus profond, une énergie renouvelée pulsait en lui. Il se mit à courir, invisible et rapide comme le vent. Le fleuve n'était pas loin et il y arriva en moins de deux minutes, renversant au passage un pot de fleur et une gamelle de mendiant. Arrivé à son bord il retira, toujours invisible, sa robe et sa sacoche, en fit un paquet qu’il entoura d’un sort de bouclier avant de bondir à l’eau. Ainsi le contenu de son sac et ses vêtements étaient protégés de l’eau. Avec des brasses rapides il gagna le fond de l’Odaï, couvert de détritus et de quelques cadavres infortunés ou de nature politique. Une fois sûr qu’il touchait le sol de son pied, il remit à tisser, plus doucement cette fois-ci pour ménager ses forces. Cela lui prit une minute environ mais la Marque était bien posée, une façon pratique de s’enfuir là où on ne pourrait pas le suivre, ou d’y envoyer un adversaire un peu trop bien protégé.

Une fois ceci fait il remonta doucement à la surface, se laissant porter par le courant pour sortir plus loin dans la ville. Il commençait à être fatigué, entre ses excès de la journée, l’effet de la drogue qui lui laissait toujours un creux en dépit du stimulant qu’il avait pris et les sorts qu’il venait d’enchaîner. Il restait néanmoins une chose à faire. Remettant sa robe et sa sacoche il y pécha quelques papiers et une pointe de charbon. Il y griffonna rapidement sur chaque « contrat commanditaire inconnu, indépendant, rendez-vous Cercle 10éme Heure ». Cela lui prit une heure supplémentaire de les déposer dans des boites mortes de la Guilde, mais c’était une précaution nécessaire à ses yeux pour s’assurer qu’il ne se lançait pas seul là-dedans. Ou qu’au moins quelqu’un chercherait à venger sa mort dans le pire des cas … Une fois ceci fait il prit le chemin du Mur du Sud, crevé et avide de sommeil, son lit allait lui réserver le meilleur des accueils.

***


En dépit de l’heure de son coucher il se réveilla sans trop de mal avec le sentiment d’être en pleine forme, sans doute grâce à sa boulette alchimique. Il s’étira avec plénitude et avala rapidement quelques gâteaux secs qu’il gardait dans une jatte à côté de son lit. Il était temps de penser planification de la journée. Arriver à ce rendez-vous les mains dans les poches n’était pas intelligent, c’était tout bonnement du suicide assumé. Un tour de reconnaissance incognito s’imposait tout d’abord. Donc déguisement en perspective. Il le nota dans un coin de sa tête avant de continuer sa revue. Il lui fallait aussi voir quoi emporter avec lui, autant en terme de vestimentaire (outre le déguisement) pour la « présentation officielle » qu’en terme d’équipement « de travail ». il n’y aurait pas eu le Drés il serait venu avec sa robe de mage bleue qu’il affectionnait, mais face à un de ces pourris racistes il valait mieux filer doux. Et également voir ce que ses informateurs avaient pu dégoter. Autant commencer par ça. Il passa la tête par la fenêtre histoire de regarder alentour, guettant la présence d’un mouchoir de couleur attaché quelque part dans le coin. C’était le symbole qu’il avait convenu. Bleu si c’était le bosmer, jaune si c’était la nordique, l’emplacement du mouchoir lui indiquait quel informateur avait péché le renseignement. Il jura entre ses dents en voyant que les deux nordiques avaient trouvé le bosmer, il allait devoir payer ses grippe-sous, et rien sur la nordique … Tant pis, il ferait avec. Au moins ça c’était fait, au tour de tout le reste. Á commencer par le déguisement qu’il allait prendre pour la reconnaissance. Il se tourna vers la malle posée près du lit et l’ouvrit, histoire de jetter un œil à tous les vêtements qu’il avait accumulé dedans. Son premier choix fut un pourpoint orné aux manches blanches, il pourrait ainsi facilement passer pour un marchand nanti et circuler ainsi dans la foule, en allant d’étal en étal. Puis il se ravisa, il serait facilement visible habillé comme ça, plus le risque d’attirer un tire-laine indépendant, trop peu pratique. Cela dit il pourrait éventuellement utiliser le pourpoint en question en lui mettant quelques rubans et décorations supplémentaires histoire de passer pour un bateleur. Les gens passeraient plus de temps à observer ses jongleries qu’à faire vraiment attention à lui, efficace pour observer alentour. Sauf que non, il allait devoir se concentrer pour ça et il avait encore à travailler son jeu pour pouvoir jongler à plusieurs balles en se déplaçant. Merde c’était pourtant une idée attirante. Le coup du mendiant ? Personne ne faisait attention aux mendiants, s’il se baladait avec une écuelle en demandant l’obole la tête baissée il aurait l’occasion d’être mobile et peu visible, et peut être de détrousser un ou deux passants tant qu’à faire. A ceci près que s’il devait visiter les établissements du coin pour faire du repérage, le fait d’être habillé en pouilleux lui en interdirait l’accès. Ce fut en se grattant les cornes à l’arrière du crâne que lui vint l’idée : un vendeur ambulant. Ainsi il pourrait se déplacer de lieu en lieu, à un rythme rapide mais pas trop hâtif et sans attirer franchement l’intention.

Maintenant qu’il avait son déguisement il lui fallait réfléchir à son équipement. Ouvrant un autre soufflet de sa malle il contempla sa panoplie. Sa dague en chitine, bien évidemment, serait de la partie, il prit soin d’enduire la lame d’un venin paralysant au passage. Si ses compétences de combattant étaient assez quelconques, autant avoir un atout de plus dans sa manche. Il prit également sa pochette à crochets et à sondes, il la mettrait dans une poche ventrale. Le plus important restait sa sélection de potions et de fioles, son arsenal était vaste et il n’allait pas arriver avec sa malle complète sous le bras. C’eut été encombrant et complétement discourtois pour le futur employeur. Il fit rapidement une sélection : trois petites fioles de mana, une de soins et deux boulettes de vigueurs comme celle qu’il avait pris la veille. Puis il se pencha sur ses ampoules. De la taille d’un marron chacune contenait un gaz de sa conception qu’il avait ensuite compressé et concentré par un mélange de magie et d’alchimie. Des petites armes redoutables et généralement inattendues, les quelques fois où il les avait utilisé ses adversaires n’avaient pas compris avant qu’il soit trop tard ce que pouvait faire quelques balles de verre lancées à leurs pieds. Il prit plusieurs variétés et les glissa dans sa sacoche en bandoulière dans une poche rembourrée spécialement aménagée pour minimiser les chocs et éviter les accidents. Pour le vestimentaire il fouilla une minute sa malle avant de faire son choix. En haut il enfila une chemise qui avait été blanche mais qui aujourd’hui avait une couleur entre l’os et le brun clair à force d’usure sur lequel il enfila un manteau-gilet long qui lui arrivait jusqu’aux genoux. Le tout serait parfait pour dissimuler sa sacoche et sa dague. Il compléta le tout d’un pantalon vert très passé et effilé sur la cuisse gauche et d’un chapeau de paille conique à la mode des gondoliers de Vivec. Associé à un onguent brun cuivre et d’une fausse corne qu’il se collerait sur le museau au moment venu il serait méconnaissable avec son panier à nourriture en bandoulière. Et une fois l’heure de la réunion venue il se changerait avec un paquet de vêtement et d’un chiffon pour se débarbouiller, le tout glissé sous son panier. Histoire d’avoir bel et bien quelque chose à vendre il descendit rapidement dans la salle commune pour passer commande d’une quinzaine d’œufs durs de kwama. Il regarda le cadran solaire fixé prêt de sa fenêtre. Il avait le reste de la journée avant d’y aller. Il s’assit donc en tailleur dans sa chambre et se mit à méditer. Dans son esprit il tissait tous ses sorts, visualisant la trame de chacun qui pourrait peut-être lui être utile si les choses tournaient mal, il les sentait au bout de ses doigts, prêts à être lancé directement. C’était une méthode qu’il avait mis longtemps à élaborer, il n’avait pas encore réussi à avoir plus d’une poignée de sorts disponibles ainsi et pas des trop complexes. Mais à nouveau c’était un atout dont il fallait profiter.

***


« Gouttez donc mes œufs bons seigneurs ! Gouttez mes œufs ! Cinq drakes le bon œuf ! »

Il se déplaçait en hélant par intermittences les passants. Pour qui ne le connaissait pas, il aurait été difficile de le reconnaitre, le chapeau dissimulait ses cornes arrières tandis qu’une grosse corne blanche dépassait d’un museau foncé avec des pommettes rouges cerclées de bleu. Sans parler de sa démarche voutée et d’une voix qu’il forçait dans les graves. Ainsi il bougeait à travers les marchés et les avenues autour du Cercle de la Dixième Heure, guettant tout individu qui aurait ne serait-ce que vaguement eu l’air de sortir de l’ordinaire. Au passage il chercha Felvan et le bosmer que lui avait décrit son contact, normalement il ne devrait pas tarder à arriver par l’Est, il avait été aperçu au Verrou de la Chance. Si jamais il ne voyait rien de suspect (et qui aurait donc rendu la chose encore plus suspect) il envisageait d’utiliser un sort de détection de magie pour en avoir le cœur net.

Modifié par Arakis, 28 septembre 2017 - 10:40.


#515 matix

matix

Posté 19 septembre 2017 - 11:42

"Nilera ?" dit pensivement Salomon en avalant une gorgée de bière.


"Bien, je comprend vos interrogations à mon sujet.
Il est vrai que je n'ai à première vus pas de talents particuliers flagrants mais... je suis de très bonne compagnie !

Et soit, je pourrais vous montrer une chose ou deux, alors voici"

Marie fit un signe de la main, c'était inutile il le savait, mais il aimé ben en rajouter quelques fois. Juste pour la forme.
Le bréton tourna la tête vers un angle de mur qui donnait sur la place du deuxième pont, Felvan l'imita.

Et c'est ainsi qu'il virent Nilera sortir de derrière le mur.

Elle n'était pas vêtue de ces habits habituel, non. Elle était vêtue d'un chemisier près du corps blanc à manche longue, celui-ci possédé un décolleté qui laisser apparaître le haut de sa poitrine et la mettait en valeur. En bas du corps elle avait un pantalon moulant noir, sans doute en cuir de netch, il était finement cousu et à cela venait s'ajouter une paire de bottine à talon qui allongée encore la silhouette de la jeune femme.

Celle-ci se dirigea vers les deux hommes, puis s'assit sur le bord de leur table.
Elle pencha la tête vers Marie, lui fit un grand sourire chaleureux et il en profita pour lui rendre son sourire tout en posant sa main sur la joue de Nilera.

"Ah ma chère, si jeune et si belle..." souffla doucement le mage.

Puis après quelques secondes la jeune femme tourna son visage vers celui de Felvan, elle se pencha vers lui, jusqu'à approcher sa tête à une quinzaine de centimètre.

Nilera s'enflamma instantanément et intégralement !

Felvan eu un vif mouvement de recul, et lui ainsi que sa chaise firent au moins un bond en arrière !

Mais déjà Nilera avait disparus, ne laissant aucune trace de son passage ou des flammes l'ayant dévorée, pas même la moindre odeur de brûlée ou de marques de brûlures sur la table en bois.

Salomon regarda Felvan avec un grand sourire, il semblé assez fière de son petit tour.

"Alors ? Qu'en dite vous ?
C'est une petite démonstration de ce que je sait, entre autre, faire."

#516 Svartalfar

Svartalfar

Posté 21 septembre 2017 - 00:41

" Moi qui pensais que les Hlaalus aimaient marchander... "

- Soit, fit-il en levant les mains en signe de reddition, va pour les 150 septims. Mon but n'était pas de vous insulter, mais de trouver le meilleur prix possible. Vous savez ce qu'on dit, les premiers clients de la journée sont souvent les plus exigeants.

Même sans prendre le pot, cela rentrait de justesse dans ce que ses réserves lui permettaient, il allait devoir faire une croix sur ses prochaines dépenses. Il semblait judicieux d'avoir le respect de quelqu'un d'honnête dans cette cité (cela semblait rare dans la capitale locale des Hlaalus), mais c'était difficile de savoir quel achat était le plus crucial dans ces occasions. Et puis, il ne gagnerait d'un esclandre que l'intervention du garde.

- Sinon, fit-il pour changer de sujet, connaissez-vous les raisons de tels mouvements parmi les Exaltés ? On raconte pourtant qu'ils ne quittent guère leurs forteresses pour se rendre en ville, encore moins en groupe. Ce genre de clientèle ne doit pas être courant, si ?

Bien qu'il n'éprouvait rien pour le Temple si ce n'est les sentiments habituels que l'on éprouve face à une fausse religion, il savait comme tout Dunmers que lorsque les fanatiques du Dieu-poète bougeaient, les choses étaient sérieuses.

***************************


- Je n'en doute pas. Et je souhaite bien du courage aux bourses de mes successeurs. Cela semble bien moins dangereux d'invoquer soi-même son atronach via un parchemin et de le combattre pour récupérer sur lui le sel que de chercher à tirer un bon prix de vos ingrédients. Dommage, au vu de vos prix prohibitifs, même des ingrédients du continent ne peuvent servir de troc, malgré la valeur qu'ils risquent de prendre dans les jours à venir.

Saluant militairement, Soler tourna les talons. Avoir dépensé son argent chez l'armurier ne lui paraissait plus si risqué, au vu de l'impossibilité de se procurer de bons ingrédients. Il ne culpabilisait même pas d'avoir fait perdre son temps à cette parvenue. Aussi décadente et hautaine que tous ses congénères. Restait le marché noir mais... non, mieux valait ne pas y penser.




***************************


Rentré à l'auberge, Soler avait vérifié ses affaires, comme à son habitude pour voir si rien ne manquait. Rassuré, il avait passé les deux heures suivantes à réparer sa nouvelle armure et à s'assurer encore et encore qu'aucun défaut caché ne se logeait dans ses acquisitions. Les lames n'étaient pas fendues à la base, les flèches et l'arc n'étaient pas brisés puis recollés, et le cuir et la soie d'araignée des pièces d'armure était encore bons.
Laissant la résine sécher sur son armure remise en état, il se changea rapidement et pris son déjeuné qui l'attendait, froid, sur la table de chevet. Puis, dans une nouvelle tenue cachant efficacement son poignard et ses tatouages, il ressortit pour son rendez-vous. En deux heures, les rues s'étaient remplies, mais le trafic n'était pas dense autour du club du Conseil. Soler nota donc la présence dans l'ombre d'une silhouette familière, déjà présente dans les environs ces derniers jours : une jeune Dunmer qui regardait les gens passer depuis un angle de mur. La paranoïa du guerrier, bien échaudée par la discussion de la nuit dernière, nota de vérifier plus loin si elle dérivait de sa contemplation habituelle pour lui emboîter le pas. A cause de cet "Ordoval" il commençait à sentir des regards se poser sur lui constamment, et cela le rendait de fort mauvaise humeur.

Il arriva peut-être un quart d'heure avant onze heure au point de rendez-vous, après s'être à moitié perdu dans les rues de la cité. Il commanda du mazte pour éviter les questions, prit une table lui permettant d'observer tranquillement la terrasse et la rue sans être vu, mêlé aux autres clients, déroula un vieux parchemin qu'il avait vu dépasser d'une des nombreuse caisses servant de poubelles aux gens de la ville, et attendit. Ses détours plus ou moins forcés ne lui avaient pas permis de déterminer si oui ou non il était suivi, mais avaient eu le mérite de lui faire un peu oublier cette affaire.
Felvan arriva en premier. Soler se ramassa un peu dans l'ombre en le voyant et fit mine de se concentrer sur son parchemin. Une idiote lettre d'amour raturée (il aurait préféré une gazette, même datant de quelques jours), mais étonnamment longue, ça l'avait surpris au début, avant qu'il ne remarque les séquences dans les mots, dissimulant un code. Soler fit la moue. Il avait du intercepter sans le vouloir le message d'une des pègres locales, c'était encore un coup à s'attirer des ennuis inutiles. Ou alors, c'était sa paranoïa qui lui faisait voir des codes secrets là où il n'y avait que des mièvreries d'adolescents à propos d'une fille d'aubergiste. Il regrettait que Llarassa ne soit pas dans les parages, les choses étaient tout de suite plus simple avec elle...
Toujours est-il qu'il passa inaperçu, et put reprendre son observation. Le Bréton arriva peu de temps après, et Felvan et lui entamèrent la discussion. Il était trop loin pour entendre ce qu'ils se racontaient, mais à leurs gestes, le ton semblait badin. Cela changea subitement lorsque les deux se tournèrent vers une chaise vide et que brusquement, Felvan fit un bond en arrière. Instinctivement, Soler se pencha légèrement sur sa table pour mieux voir. Il ne semblait rien y avoir sur cette chaise, pas de vipère ni même d'artefacts qui auraient pu justifier un tel sursaut, cela devait donc être le fait du mage. Une illusion donc. S'il était un spécialiste de ce domaine, cela arrangerait grandement ses affaires en cas d'affrontement : au cas où ses petits "talents naturels" lui faisaient défaut, savoir qu'un sort reçu n'est qu'une illusion aidait grandement à s'y soustraire. Il faudrait qu'il observe plus ce magicien étranger.

S'adossant à sa chaise, Soler observa les alentours à la recherche de convives qui auraient eux-aussi réagis à au geste de surprise du Dunmer. Seules une poignée de secondes s'était déroulée, et ceux dont les regards s'attardaient sur la table étaient les plus susceptibles d'être des espions.
Ou l'Argonien.
Il n'était pas encore apparu et, s'il devait en croire Felvan, était rusé et certainement beaucoup plus retors. Il n'y avait aucun Argonien dans les environs à son arrivée, ni qu'il puisse voir à présent, mais la possibilité qu'il vinsse déguisé ou sous un sortilège d'illusion restait plausible, lui aussi devait s'intéresser à cette réunion ou à leurs mécènes communs et donc prendre ses précautions. La salle sembla se rétrécir tandis qu'il observait discrètement les clients attablés. Il devait bien y avoir un signe, quelque part, qui trahirait un espion chargé de les tenir à l'oeil !

Modifié par Svartalfar, 22 septembre 2017 - 11:30.


#517 nood

nood

Posté 23 septembre 2017 - 08:52

‘’Des Exaltés ? Ça oui, on en vient pas si souvent. Peut-être quatre ou cinq fois par an, même si ça reste pas très régulier. Mais quand il arrive en groupes comme ça, ils sont souvent bien cabossés. Où est-ce qu’ils se sont fait toutes ces cabosses, par contre, ça, il ne le disent pas. Ils pourraient très bien faire de l’entraînement de bleusailles ou gérer des menaces plus sérieuses… Y a bien quelques rumeurs sur des mouvements de groupuscules un peu bizarres, genre des sectes daedriques, sur la côté à l’Ouest. Ce style de ragots pourraient aussi très bien être lancées par les contrebandiers de la Côte de la Mélancolie qui ont de tout façon tout intérêt à ce que les gens aient peur de sortir des sentiers battus du coin pour pouvoir être tranquille. Tout ce que je sais, c’est que les Exaltés s’arrêtent toujours par chez moi quand ils traversent la ville. Pensez bien que ça me dérange pas de leur faire un tarif de groupe quand ils me prennent une quinzaine d’armures.

Meldor dégaina un pot de résine de dessous son comptoir et l’y posa, continuant :

- Tant qu’on parle argent… ça fera donc cent cinquante septims. Vous ferez pas meilleure affaire aujourd’hui. Et donc, ici, chez les Hlaalus, on aime marchander, mais on aime pas se faire avoir, conclut-il avec un grand sourire.

***


Felvan revint à lui et prit une bouffée d’air tel un nageur revenant de son plonge. Il lui fallu une bonne poignée de secondes et quelques regards hébétés aux alentours avant de réaliser. Quelques autochtones s’étaient bien retournés vers lui lorsqu’il s’était brusquement levé, mais il fallut se rendre à l’évidence : tout ça n’était que purement fictif. La foule, ignorante de tout ce spectacle qui n’avait eu lieu que dans sa tête, reprit vite son activité normale, tout affairée par le marché.

‘’Alors ? Qu'en dites vous ?C'est une petite démonstration de ce que je sait, entre autre, faire.

Le Bréton était tout content de son coup. Son sourire satisfait aurait pu en mettre d’autres dans une rage violente, mais le Dunmer était une personne somme toute mesurée.

- Bordel, fit-il en se rasseyant, mon vieux, z’êtes doué. De l’Illusion, hein ? Gardez ça secret le plus possible. Ici les mages dunmer se gargarisent plutôt avec de la Destruction ou de l’Invocation, et laisses ces ensorcèlements aux humains de Hauteroche et Cyrodiil. Ça serait presque pas très bien vu par les gens du coin…

Tout honteux de s’être fait prendre au piège du mirage d’une jeune fille très décolletée et tout autant surpris et impressionné par les talents de son nouveau comparse, il continua.

- Bien. Du coup, j’ai un peu les miquettes de vous demander ce que vous savez faire d’autre, des fois que vous ayez envie de foutre le feu à le moitié de la ville juste pour faire une démonstration. Même si vous n’avez pas d’autres cordes à votre arc, vos talents pourront être largement mis à contribution. Ah, et vous risquez de bien vous entendre avec mon pote Argonien – à part si vous aimez pas les lézards, bien sûr. Lui aussi baigne dans ce genre de magie. En revanche avec Soler, l’autre Dunmer, ça risque d’être un peu plus tendu. Si tant est qu’il puisse seulement être détendu…

Une cloche toute proche sonna onze heures et demie.

- D’ailleurs, reprit Felvan, c’est à se demander ce qu’ils foutent.

Il balaya la foule du regard. Si les deux derniers invités étaient là, ils étaient bien cachés.

#518 Svartalfar

Svartalfar

Posté 06 octobre 2017 - 22:07

Plusieurs minutes avaient passé depuis que Felvan avait eu ce curieux sursaut et qu'ils avaient repris leur conversation, minutes dépensées en pure perte ! Soler n'avait repéré personne de particulièrement plus suspect qu'un autre, et aucun Argonien n'avait ne serait-ce que marché dans la rue devant l'auberge. Il ne tirerait rien d'autre de son poste d'observation, si ce n'est rendre nerveux Felvan, qui jetait de plus en plus régulièrement des regards alentours. Il ne tenait pas à le faire partir, mais pas plus à annoncer sa présence.
Profitant de l'arrivée de nouveaux clients, il décida de se mêler aux convives qui quittaient l'auberge. Il rangea donc son parchemin, en profitant pour vérifier (discrètement) que sa dague était toujours facilement accessible, laissa sur place le cruchon et le verre qu'il avait payé sans y toucher et se leva d'un mouvement souple. Il avait noté le visage et les attitude de la plupart des clients, et s'efforça, presque par réflexe, de faire de même avec les nouveaux venus. Balmora était cosmopolite, et les clients offraient un vaste panel de races, même si les Dunmers représentaient l'écrasante majorité, comme en ville. Soler, peu habitué à côtoyer autre chose, avait plus de mal à différencier les manières et les traits des n'wah : les deux Nordiques qui franchissaient le porche en s'interpelant bruyamment lui apparurent de prime abord similaires, et la répulsion qu'il éprouvait d'ordinaire pour ces singes ne l'incitait pas à poursuivre plus avant ses observations. Même leurs femmes avaient plus de puissance que de grâce, pour ce qu'il pouvait juger de celle qui pénétrait à présent dans l'établissement. Pourtant, il devait s'adapter à ce nouveau terrain, et s'habituer à ces n'wah ne pouvait que se révéler profitable. Rien ne l'obligeait de toute façon à les apprécier !
Il nota même avec curiosité l'entrée d'un Altmer dans la taverne, au moment où il voulait lui-même en sortir. Grand, bien habillé, ses cheveux blancs aux reflets d'or étaient coiffés d'une manière typique de leur peuple, haut en arrière, et rappelaient une flamme ou un abdomen d'insecte. Il semblait connu dans l'établissement, mais s'écarta poliment pour laisser passer Soler. Celui-ci remarqua en le dépassant que ses beaux atours dissimulaient le fourreau d'un tanto d'acier, ainsi que les gestes fluides d'un combattant. Cet Altmer n'était donc pas n'importe qui. Peut-être l'espion qu'il recherchait ? S'assurant de retenir ses traits, Soler le dépassa sans ralentir, le remerciant d'un hochement de tête, et se dirigea droit vers la table de Felvan et du Bréton. Arrivé à leur portée, il se planta devant eux, sa gestuelle indiquant à qui pouvait les observer qu'il venait de tomber sur eux.

" Sera Aryon, je vois que vous avez tenu parole. Monsieur. " Il ne pensait guère que le Dunmer méritait une telle déférence, mais il avait fait preuve de respect en s'adressant à lui pour la première fois, et Soler tenait à lui rendre la pareille. Devoir mesurer les paroles qu'il présentait au Bréton en revanche lui plaisait encore moins, mais il s'efforça de le saluer sans rien en laisser paraître. L'heure était à l'observation, non à la provocation. Il empoigna le dossier d'une chaise, et entreprit de s'asseoir de manière à avoir les trois autres sièges en vue.

" Je suppose que nous trois étant réuni, nous pouvons commencer. Inutile d'attendre notre... dernier convive plus longtemps. "

Il n'avait aucune envie de rencontrer cet Argonien ni d'être vu en sa présence, et rien ne justifiait à ses yeux de perdre encore du temps. Cependant, s'il n'avait pu le repérer, un sentiment qu'il connaissait bien lui soufflait qu'il était proche, et dans quels endroits il pouvait se cacher.

Modifié par Svartalfar, 06 octobre 2017 - 22:08.


#519 nood

nood

Posté 07 octobre 2017 - 20:49

‘’Sera ?

Felvan buta un instant devant ce bonhomme qui avait émergé de la foule et s’était planté devant eux sans plus d’explications. Peut-être encore sous le coup de l'illusion, il mit quelques secondes à reconnaitre Soler, mais l’accent méridional le ramena à son identité ; et le coursier fut soulagé de voir que le Drès avait suivi ses conseils à la lettre. Nonobstant ce petit accent, donc, il se fondrait parfaitement dans la masse balmori.

- Ah oui, putain, oui, désolé. Sera Soler, lui répondit-il en mimant son protocole qu’il ne maîtrisait guère. Mon vieux, z’y êtes pas allé de main morte au niveau du camouflage. Tant mieux. Je vous présente Salomon Marie, et inversement, continua-t-il en jetant un rapide coup d’½il au Bréton.

Encore plus raidi que le soir précédent, fut-ce en raison de la présence de Marie, Soler s’assit mécaniquement sur un chaise en face d’eux. Felvan allait continuer les présentations et l’état des informations et autres suppositions avec le nouveau venu quand celui-ci reprit la parole, lui coupant la priorité.

- Je suppose que nous trois étant réunis, nous pouvons commencer. Inutile d'attendre notre... dernier convive plus longtemps.

- Ah ben non, répondit-il du tac au tac en secouant la tête, non non. Enfin, en ce qui me concerne. J’ai tenu parole avec vous, et je la tiendrai avec lui aussi. Désole si ça vous brusque mais les relations, c’est précieux. Je vous rappelle que je travaille dans le monde de l’information, je ne me risquerai donc pas à déshonorer un rendez-vous parce que vous me le demandez. Ça serait très dommageable pour ma réputation de fiabilité et donc pour mes affaires en général.

Il avait réagi de manière quasi-épidermique avec cet étranger, mais n’en tirait aucun remord. D’une part parce qu’il fallait bien faire comprendre à ce mercenaire que les attitudes martiales et dirigistes ne résolvent pas tout, ensuite pour essayer de lui faire admettre qu’il faudrait bien que l’on joue selon ses propres règles, puis encore parce que Reeh Jah était son pote de dix ans et enfin parce que si ça lui faisait un deuxième anus de côtoyer un Argonien, c’était après tout son problème personnel.

- Après ça ne nous empêche pas de papoter, reprit-il rapidement pour éviter un débat qu’il n’avait pas envie de tenir. Donc je vous fais un petit point d’étape, autant pour vous que pour notre cher Bréton ici présent. Premièrement les sujets encore très flous : l’identité de nos hôtes de ce soir et la position de quelques-uns des potentiels autres convives, notamment Edingoth, l’archer Bosmer, et Cosades, le vieil Impérial torse nu. Aucune nouvelle de l’un ni de l’autre, mais j’ai bon espoir que Reeh Jah nous rejoigne avec du neuf là-dessus – ses réseaux sont plutôt efficaces. Du côté des bonnes nouvelles : Le monsieur là, fit-il en désignant du doigt Salomon, possède de remarquables talents  qui pourraient nous être fort utiles et dont je lui laisserai le soin de vous en faire démonstration, ou, plus heureusement pour vous, de vous les expliquer. Enfin, j’ai déniché du nouveau sur une Nordique qui serait possiblement invitée, enfin, c’est une bonne candidate, et on m’a indiqué où elle se trouve. Faudra y faire saut dans le journée et voir ce qu’elle raconte.’’

Il termina sa tirade par son habituelle bouffée de fumée bleue qui se perdit dans l’air surchauffé par le soleil de midi. Si Soler se sentait l’envie d’aller mettre du sel sur la queue des oiseaux en partant voir cette Caliha sur la base d’un renseignement qu’il avait reçu entre deux portes le matin même, cela lui laisserait toute latitude pour vaquer à des occupations un peu plus palpitantes que la grammaire des patronymes dunmeri ou les milles règles de savoir-vivre et d’honneur chez les Drès.

***


‘’ Monseigneur, Il y a du nouveau chez le coursier.

- Soyez plus précis.

- Il a été rejoint par Le Drès et l’illusionniste Bréton.

- Comment pouvez-vous en être sûr ? Leurs invitations n’étaient-elles pas marquées ?

- Non, Monseigneur, seule celle du coursier. Mais malgré la précipitation, nous avons eu le temps de glisser un sort d’écoute dans le mouchard de celle-ci. Sa synchronisation est faible, car la gemme n’était pas complètement optimale pour l’enchantement, mais nous réussissons à entrevoir des bribes de conversation. Il discutent les trois ensemble de fureter vers d’autres candidats.

- N’avez-vous aucun moyen de stabiliser l’enchantement de ce mouchard ?

- Les enchanteurs planchent dessus en ce moment même, et ont bon espoir d’améliorer la transmission.

- Très bien. Qu’ils continuent et qu’ils réussissent. Consignez toute parole par écrit. Ne prenez aucune autre décision. Je vous rejoins dans quelques minutes.

Un bruit de porte qui se ferme, des pas hâtifs résonnant dans un couloir souterrain, une autre lourde porte s’ouvre puis se referme.

- Maître, quelques-uns de nos convives sont très curieux et se regroupent.

- Il serait fâcheux que certaines choses soient divulguées avant ce soir.

- C’est pourquoi je vais envoyer une équipe sur place. Discrètement. Parallèlement, nous les avons sur écoute.

- Je vous fais confiance, mon cher. Faites donc.  

Modifié par nood, 11 octobre 2017 - 21:34.


#520 matix

matix

Posté 07 octobre 2017 - 22:03

Salomon avait était plutôt surpris pas l'attitude cavalière du nouvel arrivant.

"Alors mon cher... Sera ? Soler ? Sera Soler ? Soler Sera ?

Bref, tout ça pour dire que tout comme Felvan Aryon ici présent, je suis d'avis d'attendre ce Reeh Jah.
Je n'ai pour ma part aucune réputation à protéger ici et cet argonien n'est pas mon amis mais, j'aime bien quand le soleil brillent les écailles de ces gros lézard donc je suis pour boire une bière tout en restant ici jusqu'à l'arrivée de ce dernier. Et si vous voulez j'ai bon livre à vous conseillez pour vous faire une meilleure opinion de ces lézards."

Salomon fini sa phrase, prit une gorgée de sa bière et fit signe à un serveur d'en amener une autre pour Soler en pointant ce dernier de doigt.

Ensuite il se tourna vers Felvan puis dit en souriant.

"Je ne sait pas si ça aidera car il y a sans doute beaucoup d'impérial correspondant à la description de ce Caïus Cosades mais avant de venir ici j'ai croisé un homme qui pourrait être lui.

​C'était un impérial torse nu avec une calvitie sur le haut du crane et des cheveux gris autour de la tête... Qui semblait complètement défoncé au Skouma et qui m'a bousculé en jetant des regards partout comme un parano qui a peur de l'air circulant autour de lui."

Le serveur à qui Salomon avait fait signe plus tôt arriva et posa une pinte devant Soler.

"Allez buvez mon cher... Cela vous détendras."

Modifié par matix, 09 octobre 2017 - 20:08.


#521 Arakis

Arakis

Posté 09 octobre 2017 - 17:46

Son déguisement marchait presque trop bien. Depuis cinq minutes il avait vendu trois de ses œufs, toujours ça de prit surtout vu qu’il les avait acheté pour deux fois moins cher. Il avançait en bramant sa publicité, trainant ostensiblement la patte pour inspirer la pitié. Jusque-là tout se passait comme prévu. A présent il fallait prendre les choses à bras le corps. Il prit une grande inspiration et pénétra dans le Cercle de la Dixième Heure. Il voulait voir exactement à quoi ressembler l’endroit. Tout en passant près des clients s’il y en avait il chercherait à voir les issues, les fenêtres, la disposition des tables, des meubles, des lustres. Si jamais il y avait des gardes il fallait qu’il note mentalement leurs armes et armures, s’ils avaient l’air organisé ou pas, combien. L’expérience lui avait appris que bien connaitre les lieux avant de s’y rendre sauvait toujours la vie. Encore une fois il allait bien appliquer ses leçons. Il s’y était rendu deux fois et de ce qu’il s’en souvenait c’était un établissement correct, ni trop haute gamme ni crasseux. Haute d’un étage et demi avec terrasse il savait qu’un sous-sol du fait de la présence de soupiraux. Il allait falloir entrer pour vérifier si tout le reste n’avait pas changé.

***


Une fois sa reconnaissance finie il prit le chemin du Verrou de la Chance, arrivé non loin de la porte il se mit à siffler un air du coin des lèvres. C’était le signal convenu avec ses contacts. Un des nordiques qu’il avait engagé sorti et chercha brièvement d’où venait le signal. Voyant son regard sur lui Reeh Jah se passa la main sur la figure et fit discrètement en même temps un geste des doigts. Dans le code qu’il avait établi avec ses informateurs cela voulait dire que celui qui le faisait était le receveur de l’information et qu’il comprendrait le code de références qu’il avait pris des heures à concocter de façon à le rendre à la fois cryptique et simple à assimiler pour un initié. Se rapprochant du nordique il prit la parole, toujours de sa voix chevrotante.

« Mon bon seigneur désire des nouvelles fraiches ?
-Non merci. J’attends un paquet. Il doit arriver du Sud-Est dans la journée.
-Fort bien bon seigneur. Puis-je vous demander comment va votre famille ? Elle fut si généreuse avec moi quand j’étais dans le besoin.
-Ma foi elle est en bonne forme. La terre se porte bien, pas plus qu’à l’ordinaire mais un petit peu quand même. On a un bel aulne derrière, un petit peu moussu mais ça partira vite. Il est solide et bien bâti. Juste un chenapan qui l’a gravé devant au couteau. Passez nous voir à l’occasion, il est tout devant.
-De fort bonnes nouvelles bon seigneur. Transmettez ceci à votre femme »

Se faisant il lui glissa une bourse dans la main, contenant les 40 septims convenu. Ça lui faisait mal de payer pour ce genre d’infos mais au moins il avait eu une description très précise du bosmer et savait qu’il était encore là. En passant devant la porte il jeta un œil rapide vers l’intérieur de la salle et aperçu un bosmer qui ressemblait à ce qu’avait dit son contact. Au moins il ne s’était pas fait arnaquer. Il reparti de bonne humeur.

***


Une bonne humeur qui s’effondra comme la poche d’un netch fléché quand il vit qu’il était le dernier arrivé au rendez-vous. Et le Drés était là, merde ! Il aurait bien aimé qu’on lui laisse le temps de tisser ses fils, préparer le terrain pour que cette enflure ne puisse pas avoir l’ascendant sur lui. Il allait devoir changer de stratégie. Tout d’abord garder le costume, c’était obligé pour au moins un moment. Ensuite … faire passer un message à Felvan sans que l’autre dunmer ne le voit, tant pis pour le bréton. Et une fois le message passé il faudrait qu’il arrive à lui glisser la boulette d’antipoison qu’il avait mise de côté pour lui. Il se mit à tousser d’une façon exagérée, comme si la tuberculose était déjà en train de refermer son étreinte sur ses vestiges de poumons. Plié en deux qu’il était, il glissa une main dans sa sacoche et glissa la boulette de sa poche à sa manche. Une fois redressé il se remit à avancer, toujours en claudiquant, et approcha doucement la table des convives. Il se remit à faire sa réclame en même temps

« Achetez mes bons seigneurs, achetez mes œufs ! Cuisiné à en faire la fierté de l’Odaï ! Les bons œufs de Surveille L’Eau ! La fierté de l’Odaï ! »

Il espérait que Felvan saisirait la référence. La Fierté de l’Odaï était un navire de contrebandier qu’ils avaient dévalisé tous les deux près de la côté de Seyda Neen. Lors de leur repérage il s’était justement fait appeler Surveille L’Eau, affublé là aussi d’un autre maquillage et de vêtements différents. Une bien belle affaire cette Fierté de l’Odaï d’ailleurs … Felvan avait fait courir les bruits d’une patrouille locale pour forcer les contrebandiers à bouger de leur mouillage habituel. De là ils les avaient pigeonné par une combinaison de fausses pistes dans les mangroves, puis le dunmer s’était chargé d’assommer le peu d’équipage à bord tandis qu’il masquait le bâtiment entier d’une illusion et ils avaient fait voile vers Hla Oad où un membre de la guilde avait repris le bateau. Tous les deux avaient accepté une réduction de salaire pour s’assurer que les esclaves à bord aient leur liberté rendue. Le reste de la cargaison en skooma et ébonite avait largement couvert les gains de la guilde pour que leur référant accepte. Du travail de pro rondement mené, que du bonheur. Tout en se rappelant ce « bon vieux temps » il dériva en douceur non loin de son dunmer de complice. Pour ce qui était du contact après ça il avait déjà sa petite idée.

#522 Svartalfar

Svartalfar

Posté 09 octobre 2017 - 20:25

- Non merci, fit-il à propos du breuvage, une fois le tenancier parti, jamais lorsque j'ai du travail."

Il la rapprocha cependant de lui, un client avec une chope éveillant moins les soupçons.

Il jeta un regard inexpressif à Felvan et suite à la description Cosadès par Salomon, s'apprêtait à lui assener une réplique cinglante sur la qualité de ses associés, lorsqu'il vit (et entendit surtout) une forme repoussante se profiler derrière lui. L'Argonien, forcément. Il les avait affronté pendant un demi-siècle, et pouvait les reconnaître sous n'importe quel déguisement, (à l'exception peut-être de la magie, dans certains cas). Si ce n'était pas le physique, c'était à leur façon de prononcer le tamrielique (cette langue d'envahisseurs !), leur odeur de lézard, leur démarche ou même à leur façon d'user de la magie. A force, c'était devenu épidermique, il sentait quand un Argonien était dans le secteur. Et puis, il y avait le nom. Seuls les Argoniens s'appellent ainsi. Bon, cela pouvait toujours être un autre lézard ou plus inquiétant, un individu sachant qu'ils attendaient un Argonien, mais la coïncidence était trop grosse.

"Merveilleux, songea-t-il. Un personnage de loqueteux tellement convainquant que le faire s'asseoir à notre table nous garantira d'attirer l'attention de la moitié de la rue. Une bonne cinquantaine de personnes au moins va pouvoir mémoriser nos visages et le fait qu'ils apparaissaient ensemble ! Au temps pour la réunion discrète, même un apprenti espion n'aurait aucun mal à retracer nos faits et gestes à présent. "

Secouant la tête en fronçant le nez (tant pour donner le change face à ce personnage malpropre que réellement incommodé par le numéro et la présence de l'Argonien), il regarda tour à tour Felvan et Salomon.

" Bien, parfait, reprit-il sur le ton de la conversation, suffisamment fort pour que ses convives l'entendent mais pas assez pour qu'elle filtre hors de la table, en attendant que le dernier petit malin de la bande ne finisse par s'asseoir à cette table et enfin pouvoir parler des choses sérieuses -par exemple si quelqu'un connait la disposition du lieu de réunion ou si on doit décider qui s'y rend-, parlons donc de nous.

Il reporta son attention sur le Bréton, dédaignant en apparence le duo comique. Faussement affable, il singea la bonne volonté.

- Vos talents sont remarquables donc. Peut-être pouvez-vous m'en dire plus.

En attendant que Felvan ait fini "d'acheter des oeufs", il pouvait toujours tenter de confirmer l'idée qu'il se faisait du mage bréton. Et si le miséreux était réellement l'Argonien, ce serait toujours du temps de gagné s'il l'entendait se décrire.

Modifié par Svartalfar, 09 octobre 2017 - 20:39.


#523 nood

nood

Posté 09 octobre 2017 - 21:47

Balmora, abords du Cercle de la Dixième Heure

21 Mi-L’an 3E425, 10h57


Le Cercle de la dixième heure avait la particularité de n’en avoir que très peu. Ni un rade crasseux comme on en trouvait quelques-uns plus à l’est, ni un bar à vin raffiné pour la jeunesse richement pourvue des hautes sphères hlaalus comme on pouvait en voir au nord-est de la ville. Surplombant directement la rivière Odaï au sud de sa rive gauche, il était engoncé entre deux autres bâtiments de taille légèrement plus faible et dont il était séparé que par d’étroites et longues ruelles. À vue de museau, il mesurait une soixantaine de pieds du nord au sud et probablement une quarantaine dans sa largeur ; et au vu des bâtiments alentours, il y avait probablement une arrière-cour pour les livraisons – ou pour servir de sortie voire d’entrée plus discrète que la berge passante. Un bâtiment donc somme toute assez classique de la ville, étendu mais pas extrêmement haut, avec une arche et deux passerelles qui le reliait aux constructions voisines.

Si Reeh Jah, se rendant vers ledit établissement, avait demandé à Felvan ce qu’il savait à propos de celui-ci, le Dunmer lui aurait sûrement parlé de ses multiples changements de propriétaires (au moins sept ou huit fois en dix ans) et du fait que, ces derniers mois, il était souvent privatisé par des gens ou organisations diverses. Peut-être des Hlaalus qui en profitait pour ourdir de sombres machinations internes, des regroupements de contrebandiers, des mages en colloques, … À l’intérieur, et selon les maigres souvenirs des quelques fois où Felvan avait poussé la porte de ce Cercle, il y avait un rez-de-chaussée et un premier étage partiellement occupé par une terrasse : ces deux niveaux étant principalement des chambres et les bureaux de la direction. Plus bas, dans deux sous-sols dont le plus haut n’était qu’à moitié enterré, se trouvaient les salles proprement dites, spacieuses et feutrées comme les Dunmers les apprécient, avec de nombreuses alcôves. Il y avait probablement quelques pièces techniques vers l’est, à l’arrière du bâtiment, et probablement autant de points d’accès vers l’extérieur à leur niveau.

‘’Holà l’Argonien, Il croit qu’il va où là ?

Interrompant soudainement la marche de l’Argonien, la forme jusque là indistincte d’un Dunmer en armure légère vaguement dissimulée sous un capuchon beige sortit de l’ombre de l’arcade qui ornait l’entrée du Cercle. Il se planta dans la trajectoire, certes lente mais décidée de Reeh-Jah, et étendit le bras armé de sa lance en travers de celle-ci.

- Désolé mon brave, mais l’accès au cercle est interdit jusqu’à nouvel ordre, continua-t-il  d’une voix claire et forte, sans laisser une chance de réponse ou d’explication.

Tandis qu’il parlait, d’autres guerriers étaient silencieusement apparus. Le porche d’où avait surgi ce premier garde abritait également deux autres larrons, dont une femme, eux aussi en armure ; au deux extrémités nord et sud du bâtiment, là où la rue de la rive gauche longeait la rivière Odaï, deux autres paires d’yeux étaient venues silencieusement vérifier ce qu’il se passait. De même, le toit du bâtiment, agrémenté d’une terrasse surplombée elle-même d’une tenture d’ombrage bariolée, n’était pas occupée par des clients venus profiter d’une légère brise pour tromper la canicule mais bien trois archers en armure légère qui échangeaient des regards et des messages par code gestué avec des comparses sur les toits des bâtiments voisins.

Ils avaient tous en commun d’arborer des armures de bonnes qualités, plus oumoins cachées sous des habits discrets, et des armes qui semblaient de bonne facture également. Au moins deux d’entre eux possédaient de plus des attributs que l’on rencontrait plutôt chez les Magelames, tels des tatouages, des amulettes ou des boucles d’oreille ayant une quelconque utilité magique. À cet instant précis, on pouvait en dénombrer une huitaine, braquant leur regard sur Reeh Jah, et on pouvait conjecturer que d’autres étaient en poste et/ou dissimulés alentours, sans même parler de ceux qui devaient garder l’intérieur du cercle.

- Code Bedt Dhot Roht, finit par dire le garde qui s’était planté devant Reeh Jah à ses collègues alentours. Exécution !

Et ces gens en armes se retirèrent insensiblement vers leurs positions initiales, silhouettes discrètes mais présentes et tapies dans l’ombre des reliefs de l’imposant bâtiment, dans ce qui ressemblait fort à un escadron de surveillance très étroite des allées et venues autour de cet établissement.

Si quelqu’un avait voulu forcer l’entrée du Cercle de la Dixième Heure, il aurait mieux valu qu’il se fasse accompagner de quelques guerriers peu timides et qu’il se prépare à un peu de contact.

***

Balmora, Marché de la rive gauche

21 Mi-L’an 3E425, 11h45



La fierté de l’Odaï. Surveille l’eau. Felvan soupira silencieusement en se rendant compte que contrairement à ce qu’il avait espéré, son comparse n’avait pas réussi à se contenter d’une arrivée conventionnelle. Le Drès l’avait flairé à trente pieds. Difficile de dire s’il avait deviné que c’était Reeh Jah ou si la simple présence d’un Argonien le mettait de mauvais poil ; mais s’il était chasseur de sorcière, il était rompu à distinguer certains traits chez les illusionnistes et les camouflés et aurait pu faire le rapprochement. Écoutant distraitement Soler qui se plaignait pour la énième fois depuis son arrivée trois minutes plus tôt, il se leva et déclama de la voix ridicule et sur-jouée de quelqu’un qui doit couvrir les frasques d’un comparse :

‘’Bordel mes amis, mais c’est l’heure de mon petit œuf de kwama habituel ! Permettez…

Puis se leva et s’approcha du ‘’vendeur’’. Ce petit rigolo de Reeh Jah était fort bien grimé, c’est sûr. S’il n’avait pas évoqué des souvenirs de mission commune comme signal d’approche (ce cambriolage et détournement de bateau étant l’un de ses plus dangereux faits d’armes, il s’y était même illustré, contrairement à son habitude, par sa capacité à neutraliser une demi-douzaine de contrebandiers à coups de bâtons dans la calebasse, méthodiquement et silencieusement), il serait passé inaperçu aux yeux du coursier tant il se fondait dans la foule.

- Holà, l’Argonien, fit Felvan, combien pour trois œufs ?

Puis, baissant la voix :

- Mon vieux, le Drès t’as tricard, enfin je suis pas sûr mais … bref, qu’est-ce que je leur raconte quand je reviens à table ? T’as des infos fraîches ? Parce que moi j’en ai deux : je sais où est la Nordique et le Bréton est un putain d’illusionniste.’’

Modifié par nood, 11 octobre 2017 - 20:42.


#524 matix

matix

Posté 13 octobre 2017 - 15:56

Pendant que Felvan acheté tranquillement son "petit oeuf de kwama habituel" à l'argonien en guenille, Salomon se décida à répondre à Soler.

"Voyez-vous, il paraît que je suis plutôt bon pour m'attirer des ennuis car selon mes amis j'ai tendance à être un peu joueur et à réfléchir après avoir agit."

Il but une gorgée de bière, et repris en affichant un sourire enfantin.

" Ah et je suis également magicien, d'ailleurs mon niveau de compétence n'a d'égal que ma fantaisie !

Regardez bien, je vais vous faire une démonstration qui vous laissera pantois, vous qui semblez inexpressif."

Le bréton approcha son visage au dessus de sa pinte de bière puis marqua un temps d'arrêt.
Il se rapprocha encore un peu plus, jusqu'à ce que sa bouche soit juste au niveau du haut du récipient et il se concentra.

Puis tout naturellement il souffla dans la choppe pour faire des bulles dans la bière !

Ensuite il s'adressa au dunmer en rigolant.

"Vous voyez ! Des bulles dans ma bière alors que je ne la touche même pas ! De la pure magie de haut niveau je vous dit !

Croyez moi vous ne reverrez as quelqu'un réussir ce tour de sitôt ! Il fut avoir des années de pratique et une concentration absolue pour arriver à ce résultat.

Bon, je testerai bien un de ces oeufs de kwama moi aussi, là d'où je viens ont à pas ça."

Après s'être gentiment moqué de Soler en ne lui révélant au final aucune réel informations de valeurs sur ses compétences possibles, Salomon se tourna vers le vendeur.

"Mon brave ! Combien pour un oeuf de kwama ? Et dite moi, qu'est-ce qu'un... kwama ?"

#525 Arakis

Arakis

Posté 15 octobre 2017 - 21:54

Face aux forces en présence il s’arrêta net. Même avec de la magie et autres artifices c’était la mort assurée que de persister. Il lui aurait fallu à la fois se protéger, disparaitre, s’esquiver à toute vitesse et ensuite contre-attaquer. Bien trop compliqué pour lui tout ça. Il aurait pu éventuellement en faire la moitié, mais dès qu’il s’agissait de brutaliser son prochain de façon définitive il était nettement plus réticent. Autant faire demi-tour, au moins il savait un tant soit peu à quoi ils auraient affaire, il nota scrupuleusement dans un coin de sa tête tout ce qu’il venait de voir.

« Plates excuses nobles seigneurs. Surveille L’Eau ne cherche point offense. »

Surveille L’Eau … D’où ça lui venait déjà ce nom ? Il se mit à cogiter en reprennant son chemin. Ca allait lui revenir …

***


Il avait effectivement senti le regard du Drés. Salopard … A l’entendre c’était vraiment ce à quoi il s’attendait, du raciste pur, non écrémé en bouteille. Voilà qui le renforçait dans son projet de faire brièvement cavalier seul. Surtout que pour le coup, tout occupé qu’il était à s’équiper et à payer ses informateurs il en avait négligé les boites mortes de la guilde et les potentiels retours qu’on aurait pu lui laisser. Il avait le temps avant le rendez-vous lui-même, autant le faire maintenant. Il tiendrait Felvan au jus à sa façon et sans mettre l’autre dunmer dans la boucle, tant pis pour le bréton mais l’idée qu’une pourriture xenophobe puisse profiter de SON travail lui faisait la même sensation en gorge que s’il avait eu un furoncle sur le palais. Et encore le furoncle pouvait s’oublier avec assez de sucre de lune pris par les naseaux.

« Le bonjour honorable seigneur. Vous voulez goutter les œufs de Surveille L’Eau ? Pas mes œufs à moi hahaha. Ma femme serait folle de rage si on donnait des bébés argoniens à manger aux dunmer. Deux drakes l’œuf mon bon seigneur. Ils en valent la peine, la fierté de l’Odaï. ! »

Il se pencha sur son plateau et prit trois œufs avec des vieux papiers plié en carré pour que l’on puisse manger sans s’en mettre plein les doigts. Avec une petite vrille du poignet il fit tomber la boulette de sa manche dans le cornet avant de le tendre au dunmer, faisant au passage un geste insistant du petit doigt de la main qui tenait l’œuf « agrémenté »

« Vous verrez noble sire, les œufs de Surveille L’Eau donnent de la force, vous serez solide comme un roc et à même de résister à tout ce qui peut vous tomber dessus. Comme si vous aviez du sang d’argonien ! »

Normalement la formulation devrait suffire pour comprendre à quoi servait la boulette, comme il le connaissait, Felvan était loin d’être idiot et avait plus ou moins compris ses codages d’autrefois. Maintenant il allait devoir vite fait expliquer ce qu’il savait. Il décida de dégainer un de ses atouts fraichement appris : son professeur de théâtre avait consacré un temps affreusement long à leur expliquer diverses écoles de pratique. Alors qu’il s’ennuyait sur le chapitre des drames de HauteRoche il avait eu un sursaut d’intérêt face aux marionnettes akaviroises. Le fait que le manipulateur soit présent à coté et que pourtant sa bouche ne s’ouvre pas tandis que le pantin débitait un monticule entier d’âneries l’avait fortement intéressé. Après plusieurs mois de pratique il avait enfin réussi à comprendre ce … « ventroquolisme » ou les deadra seuls savaient comment on nommait ça. Ce fut donc la bouche fermée et la voix basse mais normale qu’il dit ces quelques mots à Felvan.

« Ai creusé un peu. Dis que je suis pas là. Dois vérifier encore un peu. La vérité est au fond de ton verre »

Il vit le bréton avancer du coin de son champ de vision. Même si la vie n’était pas simple dans ce pays quand on était argonien, il fallait bien admettre que le fait d’avoir un angle de vue un peu plus large que les humains du fait de ses yeux placés sur les côtés de sa tête avait du bon. Il reprit instantanément sa voix de Surveille L’Eau le vendeur et se tourna vers son nouveau client, toujours courbé en avant et l’air souffreteux.

« Salutations à vous noble seigneur. Ce sera deux drakes pour un œuf et vous m’en direz des nouvelles. Le kwama, bon seigneur, est un animal de notre région. C’est un gros insecte qui vit dans une société où chaque individu a son rôle, et on les élève pour leurs œufs. Qui sont goutus, quelle que soit la façon dont les prépare. Essayez un jour la quiche aux œufs de kwama bon seigneur. »

Alors qu’il racontait son baratin, constatant au passage que le type devait visiblement être arrivé depuis peu pour ignorer ce genre de choses, il reprit mentalement un des sorts qu’il avait tissé dans la matinée et le repris un instant avant de le lancer sur Felvan. C’était une illusion simple et peu invasive, avec du style néanmoins comme à son habitude. Sous les yeux envoutés (littéralement) de ce dernier, une large plume de paon ornée de flammes et de rubans dorés se mit à écrire, d’abord au fond de son verre, puis sur les murs de la taverne quand elle n’y trouva plus de place d’une écriture toute en courbes et dorures des plus opulentes. Etait visible au mur ceci :

« Mon cher Felvan. J’ai fait mon enquête de mon côté. Le bosmer qui n’est effectivement pas le Flécheur est en ville, au Verrou de la Chance. J’ai son visage bien en tête et il a l’air un tant soit peu efficace. Je n’ai rien sur la fille. J’ai inspecté le lieu de rendez-vous, il est plus que copieusement gardé. Je vais repartir et chercher des contacts pour savoir si on n’a vraiment rien de plus sur ce rendez-vous. Je me tiens loin du Drés pour l’instant, tu m’excuseras je l’espère. »


Au fond du verre du dunmer, à l’abri de son regard était juste inscrit « In vino vertias n’est-ce pas mon cher ? ».




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